Un rayon de soleil s'est glissé sur mes paupières, et a provoqué un réveil doux et agréable.
Je me lève lentement, me prépare un thé, pense au dernier livre que j'ai lu et à la prochaine expo que je vais voir. Quelle bonheur de n'avoir en soi aucune peine, ni rancoeur. En une respiration, j'ai senti en moi toute ma puissance de vie. Je crois qu'elle est infinie. Mais cette prise de conscience arrive malheureusement très rarement. C'est un des privilèges de la vie. Je crois qu'elle m'est arrivé en tout... Deux fois il me semble. Une fois pendant un rêve il y a quatre ans, et l'autre fois, deux semaines à peu près. La vision de chaque chose de la terre ne fait qu'amplifier ma soif de vivre et de connaissance. Je me nourrie d'émotions, celles des autres sont exquises, les miennes sont intenses.
Un détail peut provoquer une folie passagère, que je savoure pleinement. Chaque seconde est une vraie délectation, chaque individu contient tout un monde en lui. L'autre jour, dans le métro, j'ai pleuré en écoutant une composition de Verdi. Pleuré, oui. C'était magnifique, j'avais l'impression de faire corps avec la mélodie. Tout était parfaitement accordé, les sons se suivaient avec raffinement et délicatesse pour mon plus grand bonheur. Je ne savais pas que c'était possible. De pleurer pour une chanson je veux dire. Pleurer de joie en s'oubliant en elle.